"No walk No work - pas de marche pas d'oeuvre"
Exhibition :

"NO WALK NO WORK Pas de marche Pas d'oeuvre" /////////////////////////
Lieu : Galerie Villa des Tourelles - Nanterre //////////////
Date : 17/02 > 09/04/2005 /////////////////////////////////////////////
Artistes :
 Francis Alÿs / Elisabeth Ballet / André Cadere / Nicolas Frémiot / Hamish Fulton / Compagnie Jean Gaudin / Thierry Girard / Jérôme Gras / Valérie Jouve / Miguel Angel Molina / Bernhard Rüdiger / Laboratoire Stalker / Veit Stratmann
"La marche a longtemps été un thème que les arts visuels ont représenté et illustré, depuis la fuite de la sainte famille en Egypte jusqu'aux foules de manifestants influençant sous leur pas (et comme un seul homme) le cours de l'histoire, en passant par la figure du juif errant. Au cours du XXe siècle, l'art s'approprie également la marche comme un matériau artistique, comme un médium à part entière et un processus de création d'oeuvres.
Il s'agit alors pour les artistes de marcher pour créer des formes et du sens, pour faire oeuvre. Non pas seulement de marcher pour bénéficier des bien-faits de la marche sur l'"inspiration artistique, mais de faire usage direct du processus même de la marche comme médium de l'art : la marche comme possibilité, sine qua non, de l'oeuvre d'art.
Ce sont ces moments radicaux, pendant lesquels marcher et créer sont indissociables et comme synonymes(2), que l'exposition de Nanterre veut présenter et interroger. No WALK NO WORK, pas de marche, pas d'oeuvre : indissolubles absence de marche et absence d'oeuvres, pas de la marche et pas de l'oeuvre confondus.
(2)Thierry Davila "Marcher, créer: déplacements, flâneries, dérives dans l'art de la fin du XXe siécle, Paris : Editions du regard, 2002.
"La ville actuelle n'est plus celle des centres historiques dans lesquels marchait Charles Beaudelaire, elle est beaucoup moins structurée et conserve au sein de ses extensions rapides et désordonnées de nombreux terrains vagues, souvent fermés par des obstacles à la marche qu'il faut franchir (comme le montre la vidéo "Transfert" de Jérôme Gras), ce franchissement étant un geste politique de réappropriation par l'art de friches urbaines à l'abandon. En cela, ces espaces arpentés en ville ne sont plus des "espaces ouverts" au sens de Hamish Fulton et de Richard long, mais en d'autres sens, ils le demeurent: ce sont des espaces qui, une fois qu'on y a pénétré, sont ouverts et disponibles pour la création artistiques. Ce sont des interstices ouverts parmi des masses architecturées et fermées.
Anthony Poiraudeau (Co-commissaire de l'exposition, doctorant en Histoire et civilisations à l'E.H.E.S.S, Paris)
(2) Exposition accompagnée d'une conférence-rencontre avec Thierry-Davila, philosophe, auteur de "Marcher, créer: déplacements, flâneries, dérives dans l'art de la fin du XXe siécle, Paris : Editions du regard, 2002.

