Le Sphynx
courtesy Galerie ACDC
   Du fond de cette pyramide, combien d’années-lumières vous contemplent ?
Sphinx : un des nouveaux prototypes de vaisseau spatio-temporel de
Samir Mougas . La pyramide, ce degré zéro de la conception
architecturale – un tas en plus propre – qui est aussi perfection
géométrique, reste une des sources les plus fertiles de spéculations en
tous genres. Au siècle du carbone 14, il y a encore des égyptologues
amateurs : soucoupistes, spirites, inventeurs plus ou moins
farfelus…tous prêts à répondre aux questions sans réponse – des
conduits d’aération dans le tombeau de Khéops ? la chambre du roi, vide
! et le fameux passage secret qui relie la Grande Pyramide au Sphinx de
Giseh…
Ces deux derniers artéfacts ont ici fusionné pour un voyage Ã
travers le temps, l’éternité, la blague potache, l’espace mathématique
abstrait ou un néonéoplatonisme héritier de l’art minimal. Bien peu Ã
voir, grinceront quelques esprits chagrins, et certes l’œuvre
fonctionne de façon déceptive. Espérant je ne sais quelle vision
stéréoscopique de la vallée des rois, quelle réponse aux mystères de
l’au delà de la vie et de la mort, nous collons nos yeux aux deux trous
circulaires qui nous invitent à scruter l’intérieur enfin révélé de La
Pyramide. Mais là , c’est le sphinx qui nous renvoie notre regard et
pose l’éternelle question informulée : ?
Samir Mougas ne ferait-il pas mieux de se faire gourou, voire de
s’aboucher avec les raëliens pour enfin faire passer au stade de la
réalisation industrielle ses inventions pataphysiques – que l’amateur
en profite tant qu’il en est encore temps.
Tanguy Belbeoch, mars 2009.
Le Sphynx
37 x 37 x 30 cm
Médium, enduit, pigments.
Vue d'exposition à "Outer Space ou The Drake Equation", Galerie ACDC, Bordeaux (FR)
Courtesy Galerie ACDC

